Présidence béninoise de la CEN SAD : une année symbole du manque de vision et de sérieux des dirigeants politiques africains
Dieudonné DAGBETO, Militant panafricaniste, membre du Centre de Jeunesse pour
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Les dirigeants politiques africains donnent de plus en plus l’impression de distraire le peuple à un moment où nous attendons d’eux, beaucoup plus d’actes concrets pour nous sortir de notre lamentable situation. On pourrait être d’accord pour cette méthodologie quand il s’agit de l’animation de la vie intérieure des Etats, elle est admise comme faisant partie de la politique. Mais lorsqu’il s’agit du continent face à son développement, de telles pratiques remettent totalement en cause les idées, les initiatives et actions de développement entreprises depuis des lustres et encore de nos jours.
Hormis l’organisation régionale qui suscite toujours plusieurs interrogations restées sans réponses, des initiatives sous-régionales lui viennent en appui et nourrissent elles aussi la vision de l’idéal d’une Afrique unie et prospère. Malheureusement ces initiatives fonctionnent sans rupture aucune d’avec les pratiques de gaspillages. Le continent tourne pour cela sur lui-même et piétine en ce qui concerne son développement. Des sommets, des réunions de haut niveau, des conférences s’initient, s’enchaînent, se succèdent sans effets majeurs et tangibles au profit de la communauté.
Le Xè sommet de la CENSAD organisé à Cotonou à grands renforts médiatiques et suivi d’opérations de charme réussies en est une illustration patente. Seulement trois jours après la grande euphorie, le grand ballet diplomatique, le grand sommet et plus rien. Le silence a duré tout le mandat, la monotonie de tous les jours a repris ses droits et la présidence béninoise est désormais du passé. Et ainsi de suite. L’organisation gagne en années d’existence ; l’Afrique stagne quant à son évolution. Il n’y a pas d’autres mots pour dire que l’Afrique par le biais de ses dirigeants s’amuse avec l’avenir de ses enfants. Il n’est donc point exagéré de déplorer l’armada de ressources mobilisées et gaspillées en quelques jours et qui auraient servi à soulager pendant des années des milliers d’africains, si orientées autrement et surtout le fait que des chefs d’Etats choisissent diplomatiquement de boycotter des sommets qui se tiennent pourtant à intervalles d’une année préalablement définies.
Le chantiers annoncés, les projets exposés au cours des différentes rencontres n’apparaissent finalement que comme de la poudre à nos yeux. Il est temps que les cadres techniques africains, les sociologues et autres conseillers politiques réfléchissent sur la réelle productivité des présidences tournantes de nos organisations africaines. Car l’on est de plus en plus amené à conclure qu’il ne s’agit en réalité que de simples instruments de guerres de leadership à distance.
Les climats sociaux à l’intérieur des Etats africains favorisent-ils vraiment ou encore permettent-ils à ces présidents d’un an de marquer leur mandat ? L’Afrique doit elle exporter son modèle de développement d’ailleurs ?
La responsabilité de la jeunesse africaine dans cette situation
La jeunesse africaine a d’énormes qualités et potentialités et doit redoubler de réflexions et d’ardeur pour dire non à ces actes et à ces fastes qui nous maintiennent dans notre situation. Une situation face à laquelle il est temps de dénoncer, de déplorer et de condamner avec la dernière rigueur l’arrivisme et l’opportunisme de certains jeunes dits africains. Ceux-ci, avides de monnaie sonnante et sans vision aucune n’ont d’autres trouvailles que de guetter l’organisation de sommets ou l’arrivée de dirigeants politiques étrangers pour se constituer occasionnellement et malintentionnément en associations ou regroupements à la solde de ces événements.
Naturellement ils disparaissent parfois après une comédie de déclaration publique. La véritable jeunesse du continent soucieuse de l’union africaine et de la renaissance africaine doit agir autrement si elle se veut respectée.
L’avenir de continent en a beaucoup à tirer.